14.6.09

Aïkido traditionnel & transmission


Transmission

L’aïkido traditionnel se transmet de maître à élève.

Dans un dojo chacun doit connaître sa place.
Pour comprendre l’aïkido il est nécessaire de s’intéresser à son contexte culturel : son historique, son origine orientale japonaise, sa nature martiale, sa philosophie, etc.
Ce copieux ensemble constitue un bagage qui ne peut être acquis qu’au fil du temps.
Il est aussi du rôle du maître de le transmettre (assisté de ses deshi), bien qu’il soit matériellement limité, la pratique constituant l’essentiel de ses cours.
C’est pourquoi il est mis à la disposition des élèves des supports d’étude : fascicules, livres, sites internet, référentiels de documents, etc.
Mais certains veulent étudier sérieusement d’autres consomment, chacun étant libre de faire la démarche culturelle ou pas.
Il en est ainsi pour tout : certains survolent 10 activités et n’en maîtriseront jamais aucune, d’autres optent pour une étude sérieuse et finissent par devenir "experts".

Génération réunionite…
Certains pensent que des réunions "formelles" copiées sur le système associatif (assemblées et consort) seraient susceptibles de mieux faire comprendre les concepts de l’aïkido traditionnel, ceux-ci incluant aussi la gestion « administrative » d’un dojo, confiée normalement aux uchi deshi.
Il conviendrait mieux alors de les baptiser conférences ou séminaires.

Cela rappelle des responsables d'entreprises qui prétendaient organiser des stages de formation et des réunions "d'information", ou certaines assemblées associatives sensées informer sur certains chiffres.
En fait, cela se résumait à de la lecture collective de documents que chacun pouvait déjà consulter librement !
Mais encore fallait-il s’intéresser aux sujets, donc s’impliquer…

Certains animateurs de ces réunions soit disant ouvertes poussaient même le cynisme en disant à leurs auditoires : « vous pouvez me poser toutes les questions que vous voulez...de toute façon je vous répondrai que je ne peux pas vous répondre si je n’ai pas envie de vous répondre ». Ce qui prouvait bien que l'objectif avancé était bidon et n'avait rien de sincère.

Mine de rien c’était une façon d’obliger les gens à lire ou à écouter et de surcroît, les prendre pour des non adultes voir…des gogos.
C’est une manière sournoise de plus, d’imposer et c’est aux antipodes des libertés de chacun.
Quand bien même les gens liraient-ils de force, ce n’est pas ainsi qu’on acquiert des adhésions aux contenus, bien au contraire.

De plus c’est contraire aux principes même de l’aïkido, où chacun doit trouver sa voie. Imposer une voie, c’est être sectaire...
Les convocations ne sont donc pas adaptées, ni dans la forme ni dans le fonds, à la transmission de notre discipline, que les aïkidokas ont choisie librement. 
Gestion « matérielle » du dojo
La création de moments conviviaux est plus propice à la communication tout en permettant la libre expression de tous. Hors du périmètre habituel, le responsable du dojo (assisté de ses uchi deshi) informe sur les effectifs, la trésorerie, l’évolution et les projets. 

EpilogueL’aïkido traditionnel ne peut être appréhendé que dans sa globalité.
Il ne peut, sauf au péril de sa survie, être découpé en facettes dont l’une serait d’approche occidentale et l’autre d’approche orientale.
L’aïkido n’est pas français, il est japonais.
Mais chacun est libre de faire autre chose que de l’aïkido.

Il y aura toujours des candidats pour réinventer la roue ou pour prétendre pouvoir se passer de l’expérience des anciens.
Ceux-là n’ont rien à faire dans un dojo traditionnel, ils doivent créer leur propre dojo (« moderne »).
Nous leur souhaitons bonne chance pour leur créativité, après tout il y a peut-être parmi eux de futurs « Morihei Ueshiba ».

12.6.09

Ecusson sur keikogi

Un dojo n’est pas une secte qui aurait des signes de reconnaissance plus ou moins cabalistiques.
Dans un dojo, avons-nous besoin d’un signe de reconnaissance physique prouvant qu’on appartient bien tous au même dojo, tels que écusson, badge, bannière ! ?

Aucun aïkidoka sérieux n’arbore ce genre de décoration sur son keikogi ni sur son hakama.
Du reste aucune marque de fabricant ne devrait davantage figurer de manière ostentatoire.
De même aucun signe distinctif entre le débutant et l’ancien pratiquant (il n’y a pas de couleur de ceinture) et la ceinture, soit-elle même noire est, elle aussi, dissimulée sous le hakama.

Un aïkidoka n’a rien à prouver à quiconque, si ce n’est qu’à lui-même.
S’il participe à un stage, où est l’intérêt que les autres sachent qu’il appartient à tel ou tel dojo ?
La seule chose qui pourrait être enrichissante serait de savoir de qui il est élève et ça, ça ne figurera jamais sur un écusson, à moins « d’appartenir à un gourou ».

Notre dojo n’a pas besoin de sponsors financiers, il n’est pas non plus dans les médias qui génèrent des flots de fric, très éloignés de l’éthique de notre discipline.
Donc aucun intérêt non plus de revendiquer et d’afficher visuellement notre appartenance à tel dojo ou telle Ecole ou Fédé, encore moins de porter le nom d’une marque dans le dos.

Encore une fois, rappelons que l’un des buts essentiels de l’aïkido est d’acquérir l’autonomie.
C’est à l’opposé des dépendances auxquelles on nous contraint de plus en plus dans tous les domaines.

Un exemple flagrant et très actuel : le RSA, qui à notre sens ne devrait pas exister si les échelles de salaires n’étaient pas aussi démesurées et si les biens étaient mieux répartis.
Idem pour les subventions diverses, les attributions de logements HLM, etc. qui de plus en plus rendent les citoyens demandeurs (même si c’est au travers d’entités) et donc quelque part plus ou moins soumis aux systèmes et à de multiples détenteurs de pouvoirs.

Des systèmes « de redistribution de richesses » pourraient être évidemment louables s’ils ne privaient aussi les bénéficiaires d’une part de leur autonomie et donc de leurs libertés.

On retrouve ici encore les notions Yin et Yang de l’être humain : d’une part son esprit individualiste voir égoïste et de l’autre son instinct grégaire en voulant se voir reconnaître une appartenance à un groupe.
Même les nouvelles plaques d’immatriculation en sont le reflet !
Si tout cela contribuait à des émulations positives, ce serait bien.
L’ennui c’est que cela met en exergue les différences et pousse à faire ou à avoir toujours plus ou mieux, que l’autre…
Cet Autre peut être le voisin, un autre club, une région, une couleur de peau, une religion, un pays…
L’un des exemples les plus extrêmes est le phénomène des gangs qui cultive à outrance les notions d’appartenance et d’exclusion, jusqu’à définir des territoires.

Un dojo doit demeurer ouvert à tous (tout en sachant que l’aïkido ne peut convenir à tout le monde).
Les écussons et les badges ne conviennent donc pas à l’aïkido.

Par contre dans la vie de tous les jours et hors du cadre du dojo tout est permis, pourvu que cela ne porte pas atteinte à l’image du dojo. Cela peut contribuer à faire connaître l’existence du dojo.

Si ce n’est pas pour satisfaire l’ego, on peut donc très bien se balader avec des « insignes » ayant trait avec l’aïkido ou le dojo mais attention aux possible conséquences perverses…

Sondages et forums dédiés au dojo de Bezons

Le site dédié à sondages et forums n’a pas pour l’instant suscité l’intérêt prévu.
Cela fait s’interroger sur sa pertinence et donc son utilité.
Un dojo d’aïkido traditionnel fonctionne selon le concept « un maître un dojo ».
Ce système est issu de la culture orientale et plus spécifiquement du mode de transmission des arts martiaux traditionnels. 
Il est basé en aïkido sur un ensemble de règles réunies sous le terme d’étiquette et il est le garant de la survie de l’aïkido tel que l’a conçu son fondateur. 
Ce système n’a rien de tyrannique, puisque chacun est libre à tout moment : le maître est libre d’accepter d’enseigner à qui il veut et l’élève est libre d’accepter son enseignement ou de partir et de solliciter un autre maître.
Rappelons que le but du vrai maître est d’apprendre à ses élèves à se passer de lui.
L’effort porte donc en permanence sur l’apprentissage de l’autonomie.

Ceci doit être bien compris afin d’éviter toute confusion.
Passé le tout premier stade de l’apparent copier-coller, l’élève (qui est en permanence sampaï-kohaï, c'est à dire "prof et élève") est appelé progressivement à construire son propre aïkido en le reformulant au travers son propre vécu, son approche, sa morphologie, etc.
C’est donc un système où chacun peut trouver sa voie et c’est là le vrai sens du terme « do », oublié depuis longtemps dans bon nombre d’arts martiaux.

Aujourd’hui on veut aller vite en tout (à tort). 
A 20 ans on veut pêle-mêle et dans le désordre voiture, maison, enfants, fric et jouissances matérielles sans limites.
On dépense avant d’avoir gagné, on veut des titres sans les avoir conquis.
Tout cela engendre tromperies et tricheries et ceux qui résistent pour ne pas rentrer dans ces systèmes corrompus ont le sentiment d’être au ban.
Est-ce là la réalisation de soi ?  
Dès leur 1ère inscription dans un dojo, certains posent en question préalable : combien de temps pour être ceinture noire ? ou bien : l’aïkido est-il efficace pour se défendre ?
Tout le monde se pose ce type de question à un moment ou un autre.
 
Forum
C’est pour répondre à ce type d’interrogations basiques et récurrentes que le forum peut trouver son utilité car il n’y a pas une réponse, mais d’infinies réponses qui devraient, elles aussi, être fécondes en nouveaux sujets.

Sondage
Le but d’un sondage est simple : il vise à permettre dans notre cas, de faire participer tout le monde concerné et de façon rapide et simple, chaque fois qu’on a besoin de recueillir des avis sans qu’on ait la contrainte de contacter chaque aïkidoka.
Ce devrait donc être un moyen pratique même si cette forme de communication ne peut être utilisé que très ponctuellement et de façon ciblée.
Pour ces 2 outils proposés, faut-il encore être apte à avoir des idées et avoir envie de les exprimer, ce qui est du domaine des libertés de chacun.
Mais que le dojo soit vu sous l’angle d’une association de personnes partageant la même passion ou sous celui d’un dojo à l’approche traditionnelle, il s’agit aussi de savoir comment on veut s’investir : comme un consommateur qui ne participe en rien à la vie du dojo (ou du club) ou comme un pratiquant d’aïkido à part entière.  
Le peu d’intérêt constaté dans l’usage du site http://aikidobezons.forumactif.net laisse à penser que, contrairement à ce qui pourrait être imaginé, il n’est pas forcément utile d’offrir de nouveaux outils d’expression.
C’est aussi la confirmation que, comme dans toute association, quelle soit sportive ou autre, malheureusement seules quelques personnes sont prêtes à s’investir réellement, pour elles-mêmes et pour la communauté.
Le problème c’est que l’aïkido n’est pas un sport…

22.5.09

L’aïkido, art de vivre…



La pratique et l’étude incluent des choix de vie.
On ne peut préconiser des échanges harmonieux sur un tatami et vivre différemment au sortir du dojo.
Les pressions de la société dite « moderne », celui de l’employeur, celui des embouteillages, celui des échéances, etc. tout cela crée le fameux « stress ».
Et en parallèle, on veut toujours plus de « plaisirs », un maximum de gains matériels et de préférence avec un minimum d’efforts.
Ce goût de l'effort se perd et nous baignons de plus en plus dans des univers de tricheurs-voleurs, où les plus « malins » s’en sortent souvent avec les honneurs, au détriment de toute morale.
Constatation frustrante qui n’arrange rien..
On comprend vite que tout cela constitue un cocktail de contradictions qui creuse le fossé entre les contraintes journalières et les espoirs de vie équilibrée.
Ceux-ci sont fréquemment contrariés par "les lois de la jungle" auxquelles nous sommes de plus en plus confrontés…
Il nous reste heureusement de nombreux choix, et l’aïkido peut apporter des réponses.
Sans avoir à vivre en ermite, on peut concilier un environnement qui nous est imposé avec des actions conformes à un idéal harmonieux.
La première des conditions est d’avoir la faculté de prendre du recul par rapport aux courants quotidiens.
La deuxième, tout aussi essentielle, est de ne pas suivre tête baissée la façon de vivre du voisin, du cousin, du copain, ou d’un modèle existant de l’autre côté de la terre (!)…avec le souci de faire comme les autres, qui croient eux aussi être dans le bon courant et au top de ce qui se fait, se pense, se vit…*
Car manque de bol, les meilleures solutions ne sont pas forcément celles adoptées par la majorité.
Il suffit de constater à quel point l’occident malade, croit se guérir par les drogues qui lui sont proposées à tout va et à outrance : antidépresseurs, neuroleptiques et somnifères dont les français sont d’ailleurs les champions de la consommation.
Toujours à la course de la performance, il se lance en même temps dans l’usage de substances survitaminées voir dopantes.
Ces 2 options, l’une comme l’autre à l’opposé de solutions « naturelles », font basculer la gestion du quotidien dans les excès, sans pour autant jamais rien résoudre dans le fonds.
* « Presque tous reçoivent leurs idées toutes faites et suivent toute leur vie l’opinion.
Ils parlent dans le style du temps, ils s’habillent selon la mode, non par aucun principe, mais pour faire comme les autres.
Imitateurs serviles qui disent oui ou non selon qu’on les a suggestionnés et croient après cela s’être déterminés eux-mêmes.
N’est-ce pas là de la folie ?
Folie incurable car les hommes ne se doutent pas qu’ils sont atteints de cette manie de l’imitation."
(Sagesse orientale)


Les jeunes et l’aïkido - éléments d’analyses et mises en garde

Comme toutes les disciplines, l’aïkido possède ses règles.
Elles sont particulièrement rigoureuses, issues de la culture orientale et sont réunies notamment sous le terme d’« étiquette ».
Par ailleurs, plus que tous les autres arts martiaux, l’aïkido, d’origine japonaise, inclut dans son étude une approche mentale et philosophique particulièrement difficile d’accès pour un jeune, voir tout à fait impossible pour un petit enfant.
Rien d’anormal à cela, disons pour simplifier que l’enfant n’est pas un adulte en miniature mais un adulte en devenir et donc en construction.
C’est pourquoi en général l’enseignement se bornera à une approche de l’aïkido proprement dit, en posant les jalons des bases de la discipline.
L’autonomie dont le jeune aura besoin toute sa vie prendra sa source dans la prise de conscience de l’unité de son être, au présent.
La pratique des mouvements du « catalogue » n’est qu’un moyen d’étude de ces bases (l’attitude, le contrôle du geste, les notions d’espace et de temps, de centration, etc.) et est propre à l’apparition progressive de cette conscience.
En outre, un cours d’aïkido ne peut convenir universellement aux jeunes de 6 à 16 ans.
La méthode pédagogique doit donc être adaptée à une tranche d’âge, par exemple de 6 à 9, de 10 à 12 puis aux pré ados et ados.
Certaines « qualités » sont requises avant toute inscription : minimum de facultés d’attention, de concentration et de discipline.
De même que pour les aïkidokas adultes, la recherche de l’harmonie relationnelle sur le tatami doit s’accompagner d’une vie saine à l’extérieur du dojo.
Le rôle d’un enseignant d’aïkido ne se limite donc pas aux seules limites géographiques du dojo, il a aussi un rôle éducatif se prolongeant bien au-delà (comme pour tout éducateur sportif), sans toutefois en aucun cas se substituer aux missions des parents.
Un esprit sain dans un corps sain…cela impose aussi la manière de gérer correctement son quotidien (nichi jo no taïdo).
Par exemple, avoir acquit un week-end complet de repos (samedi et dimanche) n’oblige nullement à s’incruster devant la télé ou les jeux vidéos ou l’ordinateur jusqu’à des heures avancées de la nuit, au détriment de l’emploi du temps du lendemain…Ces activités sont passives, n’enrichissent ni le corps ni l’esprit et sont particulièrement phagocytaires « d’énergie » (certains jeunes en overdose de jeux électroniques pètent d’ailleurs les plombs).
Il est désolant de voir des jeunes déserter leur cours d’aïkido « au profit » (et de qui ?) de tels passe-temps.
Mais biensur les parents sont libres de se montrer permissifs, le tout étant de ne pas tomber dans un laxisme irresponsable avec des conséquences possible à terme, non anodines.
On doit donc veiller à une certaine cohérence entre ce qui est demandé à l’aïkido et ce qui est vécu dans le quotidien du jeune.

Faut-il poser la question du ratio quantité/qualité.
Doit-on privilégier l’inscription aux cours d’un grand nombre de - parfois pseudo - aïkidokas ou bien trier d’emblée selon des critères de profils et lesquels ?
L’aïkido étant un art, la qualité de celui-ci sera-t-elle quantifiable ?
Faut-il accepter tout le monde, au risque de diluer la qualité et le niveau moyen des aïkidokas, ou bien sérier dès le départ ?
On objectera alors, à juste titre, que l’aïkido ne doit pas être sectaire…
Un cours doit néanmoins rester homogène, un esprit de groupe doit s’établir harmonieusement, tout en respectant et en développant la personnalité de chacun.
Un jeune doit donc pouvoir s’intégrer, tout en développant les facultés qui lui sont propres (on dira pour un adulte « connaître sa place »).

Le plus grand risque est qu’à vouloir plaire à tous, on ne satisfasse personne et que surtout, l’aïkido se dénature au point de ne plus faire de l’aïkido, discipline parmi les plus rigoureuses…


17.5.09

Aïkido traditionnel et fonctionnement « associatif »


Takemusu Aïki
Force d'harmonie valeureuse et créatrice

Dans un dojo chacun doit connaître sa place ; il n'y a pas de place à la contestation.
Par contre chacun est autorisé à donner son avis (c'est même souvent requis), le rôle du professeur étant d'expliquer.
Si un élève n'est pas d'accord il doit quitter le dojo car il n'est pas chez lui mais "chez le maître", celui qu'il est sensé avoir choisi.
En outre, un dojo est constitué du maître, des « uchi deshi »(le terme deshi serait plus approprié), sampaï, dohaï, kohaï…
Le tout doit constituer un ensemble harmonieux, ce à quoi chacun doit oeuvrer.
Si l'uchi deshi n'a aucun droit particulier, par contre il a davantage de devoirs.
Il bénéficie d'une formation appelée à lui fournir des outils pour une future autonomie.
Il jouit donc de la confiance de son professeur et en défend sa pratique et son approche.
S'il possède une forte personnalité, cela peut se présenter comme une qualité, tout dépendant de l'usage qu'il finit par en faire dans le cadre d'un dojo.
Pour cela, il doit être en mesure de pouvoir discerner personnalité et ego, ce dernier étant banni d'un dojo d'aïkido.
Il n'est pas là pour déterminer les orientations du dojo mais pour apprendre.
S'il n'est pas d'accord il se choisit un autre maître ou crée son propre dojo.
Dans le cadre d'une association, même s'il cumule une fonction d'uchi deshi et celle d'un titre administratif (ce qui est fréquent) cela ne l'autorise en aucun cas à suppléer les décisions de son maître, même si la frontière entre les 2 "casquettes" se révèle parfois difficile à distinguer.
Rappelons que dans le cadre d'un dojo traditionnel, c'est le maître qui détermine les orientations de son enseignement et les moyens.
Le maître n'a pas toutes les qualités. C'est pourquoi il choisit parmi ses élèves ceux qui lui paraissent les plus aptes à remplir des missions, quelles soient liées directement à l'aïkido ou purement administratives, les 2 étant valorisantes et formatrices.
Cela permet aussi au professeur d'apprécier les capacités d'investissements dans la discipline et le dojo et d'évaluer les facultés de gestion dans et hors cadre du dojo.
L'aïkido est aussi un art de vivre et une philosophie, il ne s'agit pas de pratiquer quelques heures par semaine et de tout oublier en sortant du dojo.
Les décisions ou initiatives parallèles non agréées ne sont évidemment pas de mise.
Si ce type de fonctionnement n'est pas compris et/ou accepté il convient que le pratiquant s'inscrive dans un club sportif et non dans un dojo traditionnel.

"L'aïkido est le contraire d'un sport"
(Morihei UESHIBA)
Mais bien entendu, on retrouve dans les 2 certaines valeurs communes...

26.4.09

Ukemi : subir ou décider

L’inquiétude des débutants face à la maîtrise des chutes est fréquente, au point de remettre parfois en cause la poursuite de leur pratique.
Au-delà de la compréhension mécanique, la non maîtrise est souvent liée à une mauvaise approche de la notion d’ukémi.
L’ukémi doit être perçu comme un choix de aïté et non une contrainte imposée par tori.
Ce choix de préservation doit intervenir au bon moment et le bon timing s’acquiert avec la pratique.
La chute anticipée n’a pas de sens car elle nuit à une bonne exécution de la technique du partenaire et martialement parlant cela peut être assimilé à une capitulation (donc frustration).
Néanmoins une chute exécutée avec retard est une chute subie (comportement d’un uké) et elle a toute les chances de ne pas protéger intégralement (danger par exemple sur kotegaeshi).
En outre, psychologiquement, il est très négatif de subir plutôt que de décider soi-même du moment de la chute.
Il n’est pas rare que l’aisance dans les ukémis intervienne en même temps que cette compréhension.
C’est ce qui a fait dire à Me Tamura : « chuter ou ne pas chuter c’est votre problème »

16.4.09

La lune et le doigt

En septembre dernier un jeune aïkidoka pratiquant depuis plusieurs années a fait savoir qu’il souhaitait changer d’activité car « il trouvait que l’aïkido n’était pas assez physique ».
C’est le reflet d’une incompréhension ou l’emploi d’un alibi…
Chacun étant libre il n’est nullement nécessaire de se justifier quand on décide de quitter un dojo ou découvrir une autre activité, de même que le maître peut décider de se séparer d’un élève sans avoir à se justifier…
Mais c’est l’occasion de rappeler que bien que l’aïkido ne soit pas dans la lignée des sports, à la recherche perpétuelle de performances physiques (surtout que l’aïkido n’est pas un sport), il est évidemment possible d’adopter la pratique que l’on souhaite en y donnant le rythme que l’on veut.
On dit en aïkido que « le partenaire est en quelque sorte notre propre miroir » ou bien « que l’on ne peut donner en aïkido que ce que l’on reçoit du partenaire ».
En conclusion ce jeune ne donnait rien et ne recevait rien.
Craignons que cela soit pareil quelque soit l’activité choisie et dans tous les actes de la vie courante tant que ces principes ne seront pas admis, assimilés et…appliqués.
On n’est pas aïkidoka que quelques heures par semaine : c’est aussi « un art de vivre » et « une philosophie ».
Ne pas comprendre cela, mieux vaut effectivement faire autre chose que de l’aïkido où l’on ne trouvera jamais sa voie.
Une fois de plus le sage montre la lune, l’imbécile ne voit que le doigt…

Attention : ces considérations générales n'ont rien de personnel et n'entachent en rien le souvenir des moments amicaux passés sur et en dehors des tatamis. La porte de notre dojo demeure biensur ouverte.

13.4.09

ORIENT-OCCIDENT et YIN-YANG

ORIENT-OCCIDENT
Avant de commencer l'étude pratique de la technique, il est nous pensons, nécessaire de connaître les doctrines orientales qui sont à l'origine de l'aïkido. Souvent les gens disent : « l'Est est l'Est, l'Ouest est l'Ouest » ou encore « l'Orient et l'Occident sont deux mondes opposés ».
En réalité, il est difficile de trancher aussi définitivement.
Il peut y avoir une plus forte tendance d'un côté comme de l'autre, mais une différence aussi nette est impossible à établir. Absolument le Yang, absolument le Yin, cela n'existe pas.
Dans le Yang il y a le Yin, dans le Yin il y a le Yang...

La pensée occidentale, systématique, analytique, est claire, facile à
comprendre, mais...
La pensée orientale est très vaste, globale, synthétique ; on ne sait trop par où commencer pour comprendre.

En Occident, science, religion, philosophie sont des domaines distincts ; en Orient, ils constituent un tout.

Si vous tenez absolument à donner un nom à ce tout, nous pouvons dire : méthode pratique et expérimentale de vie, art de vivre, compréhension de la vie. L'art martial est exemplaire.

Qu'est l'art martial ? Ce n'est pas seulement contrôler l'adversaire, le convaincre ou le tuer. Tuer, ce n'est que le début de l'étude. Ensuite apparaissent les notions de défense, de santé, d'éducation spirituelle, d'art de vivre quotidiennement pour parvenir enfin à l'ho
mme réalisé.
Pour pratiquer l'art martial, vous étudiez la diététique, l'anatomie, la psychologie, la météorologie, l'astrologie, la géologie, la sociologie, etc.

Pour le combat, ces études s'imposent, elles sont indispensables. C'est un vaste programme. Ensemble, elles forment l'art martial.
Il se peut que s'exprimer ainsi fasse dire aux occidentaux qu'ils ne comprennent pas les japonais. Cependant, tous ces phénomènes existent autour de l'homme vivant. A chaque seconde, chaque minute, ils forment la réalité, il est donc difficile de vivre dans leur ignorance.
Pensez-y !
Nous ne vo
ulons pas dire, évidemment, qu'il faille étudier toutes ces matières séparément, mais qu'il faut en connaître le principe.
Pour ce faire, nous avons choisi le Budo, mais nous aurions pu choisir la voie de l'art, la voie de la médecine ou toute autre voie.

Quand vous avez fait vôtre ce principe, il faut savoir l'appliquer à tout. Si ce principe et la science concernée concordent, alors là est la vérité.


YIN YANG
Une feuille de papier se compose d'un recto et d'un verso, d'un haut et d'un bas, d'une droite et d'une gauche. Un aimant possède deux pôles, que vous le coupiez en deux ou en cinq, on retrouve toujours deux pôles. Cela pour dire que dans Un il y a deux. Ainsi en est-il de tout ce qui existe. « Yin - Yang » exprime cette bipolarité.
Le Yin - Yang d'une journée est la nuit et le jour ; le Yin - Yang de l'année est l'hiver et l'été ; dans l'humanité, il y a l'homme et la femme, tout est Yin et Yang, tout est manifestation du Un.
Le bien et le mal, le bon et le mauvais, l'amour et la haine, ne sont que les deux faces d'une même réalité.
On dit « il n'y a pas loin de l'amour à la haine, c'est pour cela qu'une telle expression est possible, c'est parce qu'il y a le mal qu'il y a le bien.

Le monde du bien pur ne peut exister ; la paix n'existe qu'en fonction de la guerre et la guerre ne saurait exister qu'en fonction de la paix. Ce sont deux états qui n'existent nécessairement qu'imbriqués l'un dans l'autre.

De même en aïkido, c'est parce qu'il y a Aite que la pratique est possible.
Quand vous êtes seul, Aite est votre manque de volonté, votre paresse, votre orgueil.
Plus votre adversaire est fort et méchant, plus vous devez éprouver de la reconnaissance envers lui dans la mesure où il vous contraint à vous perfectionner, il est souhaitable que la différence entre Aite et vous-même soit la plus grande possible, il ne faut pas chercher à rejeter cette différence car le rejet est l'autre face de l'amour.
L'homme désire toujours ce qu'il n'a pas : l'hiver il pense à l'été, l'été à la fraîcheur. Il est attiré par les femmes, les femmes par les hommes.
Cela apparaît comme contraire mais en réalité, il en est ainsi par désir du Un, du retour à l’Un.
C'est très simple, mais ce sens du Un, qui n'est pas compris, est la source de tous les maux et de toutes les difficultés de l'homme...c'est humain.

Si vous n'aimez pas, vous voulez rejeter. Si, par exemple, un individu est mauvais, vous le mettez en prison et vous pensez que c'est la solution. Mais en prison, il faut le nourrir ; donc travailler pour lui ! Le tuer, alors ? Voilà la bonne solution ! Alors vous en tuez un, puis un autre, cela ne s'arrête jamais...Ce n'est donc pas encore la solution. Songez aux camps de concentration de la dernière guerre mondiale...à l'épuration !... Vous comprendrez ce que nous voulons dire…

La victoire d'hier est la défaite d'aujourd'hui. Fort aujourd'hui, faible demain !

Texte inspiré d'un grand maître Japonais vivant en France

Sampai, dohai, kohai - Relations hiérarchiques dans un dojo d’aikido

Sampai, dohai, kohai

Dans la société japonaise dans son ensemble, l’élève ou le salarié plus ancien est le sampai , qui joue un rôle de tuteur pour le kohai, tandis que des personnes de même ancienneté sont dohai. Dans le cadre des arts martiaux comme dans les entreprises ou les administrations, les sampai assurent la formation des nouveaux arrivant, les forment aux us et coutumes locales, leur expliquent le fonctionnement interne de leur structure.

Dans la culture japonaise, le sampai est l'élève avancé et le kohai est le jeune élève. Le sampai a un rôle de tuteur auprès du kohai, et il a un rôle de relais de l'enseignement du sensei, le professeur ; en retour, le kohai doit le respect au sampai. Deux élèves de même ancienneté, quant à eux, sont mutuellement dohai.

Ce système hiérarchique est profondément ancré dans la société japonaise. Il s'applique à tous les niveaux de la société.

Dans les arts martiaux, l'élève ancien est là pour guider le nouvel élève. La notion de sampai et de kohai dépend exclusivement de l'ancienneté de l'élève dans l'art, pas de l'âge ni du grade.

Dans le cadre de l’aikido, la relation entre sampai et kohai peut être définie ainsi : "Si l’esprit de gratitude d’un sampai envers un kohai s’exprime par cette seule pensée « Merci, de m’avoir permis de bien travailler aujourd’hui », le kohai sera heureux ; de même si le kohai remercie le sampai de son enseignement, celui-ci sera content. Il est grotesque d’avoir à dire « Respectez-moi car je suis votre sampai ».
Le respect envers le sampai ne doit pas être provoqué, le kohai doit tout naturellement avoir envie de respecter le sampai. Ce dernier lui, prend soin du kohai car le kohai occupe la place qui est la sienne et mérite par là que l’on s’occupe de lui." (Me Tamura)

Celui-ci ajoute que la nature du travail avec un partenaire dépend du statut relatif du partenaire avec lequel on travaille. Ainsi, le rôle d’un sampai est de nous permettre d’exprimer pleinement notre technique, éventuellement de nous montrer par où notre technique pêche et de nous permettre de l’améliorer.
Du point de vue du sampai, il s’agit de traverser une corde raide entre la complaisance et l’obstruction.
Le travail avec un dohai est l’occasion de prendre la mesure de notre technique et de travailler les deux rôles de l’aïte (tori et uke) à plein régime technique et physique.
Enfin, le travail avec un kohai oblige à revenir sur notre propre pratique afin de mieux l’expliquer et oblige également à mettre dans le travail d’uke la souplesse et la fluidité qui manquent souvent aux débutants.

Nous disions plus haut que le statut de sampai ou de kohai était lié à l’ancienneté. On voit dans la description que nous en donnons que cela n’est pas totalement vrai pour l’aikido car il y a également une dimension technique. Ainsi, il peut se produire que des pratiquants plus récents, du fait d’une pratique plus intensive, acquièrent une compétence technique supérieure à des pratiquants plus anciens. Il faut alors trouver dans le dojo un modus vivendi pas toujours évident qui fasse sa place à la fois à l’expérience des plus anciens auxquels l’expérience confère plus de recul et une vision souvent plus large, et à la qualité technique des plus jeunes. C’est là une des fonctions les plus délicates de l’enseignant.

Et l’enseignant dans tout ça ?

Normalement, l’enseignant (le maître du dojo) jouit d’une certaine prééminence par rapport à ces relations. Il est le référent, en tant qu’il transmet lui-même l’enseignement reçu d’autres enseignants plus avancés et en tant qu’il a (théoriquement) été désigné par ces mêmes enseignants comme étant la personne devant effectuer cette transmission.
De ce fait, si le statut relatif de deux pratiquants peut être peu clair, l’identité et la place de l’enseignant (le maître du dojo) sont supposés être connaissance commune. Sans avoir nécessairement le dernier mot, l’enseignant impose de par sa fonction un point technique à travailler, un type de travail particulier que tous les pratiquants à son cours sont tenus de respecter faute de quoi ils devront quitter le dojo.

La position d’enseignant se double de celle de sampai de l’ensemble du dojo (en tant que pratiquant le plus ancien) et de référent technique (pratiquant le plus avancé techniquement).
Avec le chevauchement des générations, ce n’est toutefois plus le cas général, et les jeunes enseignants doivent composer avec des pratiquants plus expérimentés ou plus avancés techniquement, parfois plus rétifs à la remise en cause de leurs acquis techniques par un pratiquant plus jeune. Il convient alors que ces jeunes pratiquants envisagent de créer leur propre dojo, ou une succursale du dojo de leur maître.

Une chose est à éviter systématiquement : le cours dans le cours. Quelle que soit sa propre compétence technique, il faut banir de se substituer à l’enseignant ou d’endosser le rôle d’assistant de l’enseignant (uchi deshi) si ce dernier ne l’a pas explicitement demandé. En faisant cela, non seulement on se prive d’une occasion de travailler ce que propose l’enseignant, mais même avec la meilleure volonté, on induit surtout de la confusion dans l’esprit du kohai dont on essaie de prendre soin.
Dans certains dojos, il est parfois difficile de faire la part entre le rôle de sampai et le moment où on commence à se substituer à l’enseignant. Mais normalement ce problème ne devrait pas exister si l'on considère que chacun doit connaître sa place.

Le Dojo et l’association

Si dans la pratique quotidienne, le cadre du dojo neutralise la plupart des hiérarchies sociales en vigueur à l’extérieur , celles-ci peuvent revenir en force dans le cadre de la structure associative qui fonde la structure de la plupart des dojos français. Les modalités des statuts d’une association loi 1901 sont très libres (pouvant autoriser des positions à vie ou un fonctionnement uniquement par cooptation, sauf s'il s'agit d'une section d’une association multisports) et peuvent de ce fait reproduire la hiérarchie traditionnelle d’un dojo, il n’en va pas de même si l’association veut obtenir l’agrément « jeunesse et sport ». Or, ce dernier est actuellement discriminant pour l’accès aux salles de sport publiques, condition nécessaire de fonctionnement pour les dojos ne disposant pas de leurs propres locaux. Un fonctionnement démocratique, y compris une équitable représentation des licenciés mineurs, est un des critères essentiels de l’agrément.
En outre, pour éviter les conflits d’intérêt, dans les dojos où des enseignants sont rémunérés, ceux-ci sont écartés du bureau (ils ne peuvent être ni président, ni trésorier).
Une troisième hiérarchie, fondée sur la disposition à donner du temps à l’association, apparaît alors, hiérarchie qui n’a aucune raison de recouper les précédentes.

Tout cela n’est d’ailleurs pas nécessairement inscrit dans le fonctionnement formel de l’association. Ainsi, une personne ne remplissant aucun mandat au sein de l’association pourra avoir une action administrative importante (tenue des fichiers des adhérents, recueil des demandes de licences et des cotisations, tenue du site web), et être reconnue pour cela en tant qu'uchi deshi en référence à une gestion "traditionnelle".

Un fonctionnement traditionnel de dojo (et non franco-français) peut et doit pallier à ces approches à priori antagonistes, la priorité devant être liée à la notion orientale : un maître, un dojo.

Différents lieux, différentes hiérarchies
On voit aisément comment tout cela peut créer des tensions au sein d’un dojo. Il n’existe pas à notre connaissance de recette miracle pour gérer ces recoupements, les réactions sur ce sujet étant par trop individuelles. En revanche, il semble qu’il faille rappeler un principe général de fonctionnement qui nous est sans doute moins naturel qu’aux Japonais : la variation des hiérarchies en fonction de la circonstance.
Ainsi, l’étiquette impose de considérer comme hiérarchiquement supérieur l’enseignant (le maitre du dojo) en train de faire le cours et d’essayer de faire ce qu’il demande, quels que soit notre propre opinion sur la pertinence de l’exercice demandé ou la gestion du dojo.

C’est en dehors du cadre du cours proprement dit que les autres pratiquants peuvent exprimer leurs avis sur un point ou sur un autre.
Ce texte, bien qu'issu de différentes sources, a reçu la gratieuse autorisation de M. Mathieu Perona (Paris) pour une reprise de son texte.

Ce texte, bien qu'issu de différentes sources, a reçu la gratieuse autorisation de M. Mathieu Perona (Paris) pour une reprise de son texte.
(http://www.parisaikidoclub.com/spip/spip.php?article624)

6.4.09

Un cours d’aïkido traditionnel dans nos dojos

Comment s’articule un cours d’aïkido n’est pas ici notre propos.
D’autres pages y sont consacrées et l’on retrouve les mêmes schémas à peu près dans tous les dojos.
Par contre, il nous paraît utile de préciser notre approche de l’étude, qui se différencie fondamentalement.
Nos cours se déroulent toujours autour d’un thème à démontrer.
Le thème est constitué préférentiellement de l’une des bases sur laquelle on mettra l’accent.
Ces notions sont irimi, ma ai, mouvement infundibuliforme, centres, être centré, prendre le centre d’un mouvement, le shisei, le zanshin, atémi, kokyu ryoku, kamae, kinonagare, taïsabaki, tekatana, le déséquilibre, etc.
On est donc à l’opposé de l’étude d’un catalogue, par exemple ikkyo, nikyo, sankyo, etc.…
Une technique peut être apprise en quelques cours voir quelques heures, savoir l’utiliser correctement est une autre histoire.
En fait une technique doit s’imposer sans qu’on l’ait choisie : c’est l’ensemble des circonstances (toutes les bases réunies) qui déterminera la technique appropriée.
Il « suffit » que l’une des bases ne soit pas respectée pour que cela devienne autre chose que de l’aïkido.

Des images réalistes fréquemment citées :
- « à 1 mm près ce n’est plus de l’aïkido »
- « apprenez les techniques et oubliez les »
- « une technique réussie vous êtes vivant, ratée vous êtes mort ».
Si elle est ratée, ce n’est pas forcément parce qu’elle est mal maîtrisée mais très certainement parce qu’il manquera l’une des bases !

Les techniques reposent donc sur des « bases », sans lesquelles notre discipline martiale s’apparenterait au ju jitsu, au hapkido, à la self défense, au close-combat, et bien d’autres disciplines martiales ou sports de combat…
Bien que certaines techniques se ressemblent c’est en cela aussi que l’aïkido se différencie.

Par ailleurs, nous nous efforçons le plus tôt possible de travailler en ju no geiko (fluide) car c’est cette forme qui nous paraît la plus appropriée pour étudier la notion de kinonagare, notion essentielle pour nous.
De même, nous abordons les mouvements dans leurs globalités avant d’en étudier les détails, comme le font du reste les orientaux.

En parallèle à l’apprentissage des techniques, nous nous efforçons de placer et d’utiliser notre corps différemment.
La maîtrise de cet ensemble constitue la difficulté.
C’est ce qui fait aussi l’attrait de l’aïkido car on n’a jamais fini d’apprendre et de percevoir toutes ces notions et pourtant dans nos dojos « on enseigne dès le 2e jour »…

2.4.09

Hakama & grades en aïkido

The Moon & the Hand

Une fois de plus, il paraît utile de rappeler que le hakama est un vêtement traditionnel japonais et qu’à ce titre il est porté par les pratiquants d’arts martiaux traditionnels japonais, dont l’aïkido.
Il n’est nullement lié à un grade quelconque ni au parcours du pratiquant.
Tout aïkidoka, dès son inscription aux cours, a donc la possibilité de le porter.

Une possibilité n’est pas une obligation car un nouvel aïkidoka n’a pas la certitude d’une future longue pratique et l’achat d’un hakama s’ajoute au coût de l’équipement et de l’inscription.

Par ailleurs quand on débute, la gestion du port du hakama s’ajoute à l’apprentissage et le port du hakama n’est pas ce qui est le plus important.

Il faut savoir aussi que dans l’esprit de la plupart des aïkidokas, le hakama suppose, à tort, un certain parcours autorisant tout type de projections, ce qui n’est pas forcément le cas.
Le fait que peu de dojos respectent cette tradition vestimentaire dès le 6e kyu ne favorise pas une juste appréciation.
Attention donc dans les stages où par nature, la pratique s’effectue avec de nombreux partenaires qui ne connaissent pas vos niveaux de maîtrise des chutes, même si vous portez un hakama…

Pour des informations plus complètes :

24.2.09

Uchi deshi, bénévolat et engagement associatif

Pour qu’un club sportif ou un dojo fonctionnent, outre bien entendu l’enseignement sérieux de la discipline, il faut aussi que les contraintes des tâches administratives soient assurées correctement.
Qu’on le veuille ou non, il y a très peu de volontaires et parmi eux très peu d’élus.
Cela signifie qu’il peut y avoir d’une part des candidats qui n’auront pas forcément la compétence ou la confiance de leur maître, et d’autre part des consommateurs qui ne veulent pas accepter la moindre tâche, estimant soit qu’ils n’ont pas le temps, soit qu’il n’y a aucune obligation, ayant réglé leur cotisation.

C’est une grave erreur car on ne peut recevoir sans donner et la cotisation ne correspond qu’à une inscription administrative destinée à couvrir les dépenses matérielles du dojo. Elle ne donne lieu à aucun droit.
Par contre la personne s’inscrivant dans un dojo traditionnel doit être consciente qu’elle s’engage à participer activement à son fonctionnement.
Il ne suffit donc pas d’être présent aux cours car si les cours ne peuvent avoir lieu sans le professeur il est indispensable que des aïkidokas consacrent un petit peu de leur temps privé pour faire que tout s’emboîte.

En réalité il y a de moins en moins de gens compétents qui s’engagent bénévolement pour une communauté associative.
Tout le monde veut tout, tout de suite, et de surcroît ne rien donner sauf si contrepartie financière.
Tout en fait tourne inlassablement autour du fric p
uisque ne dit on pas que le temps c’est de l’argent.
Et puisque tout à un prix, tout est monnayé.
En aïkido traditionnel, l’approche doit être différente : ce sont des uchi deshi (1) c’est-à-dire des pratiquants se démarquant du lot et appelés à assister le maître dans tous les domaines, tant sur le plan de la discipline elle-même que dans l’ensemble de tâches paressant à tort moins gratifiantes, telles que le recueil des inscriptions, les suivis administratifs et comptables, la promotion du dojo, les relations extérieures, etc
Les uchi deshi sont donc indispensables à la vie d’un dojo.

En prenant en charge ce type de responsabilités le pratiquant se situe dans la voie d’une autonomie future.
C’est aussi le témoignage d’une marque de confiance de la part du maître.


La lune et la main
(1) le terme uchi deshi est utilisé ici car il nous paraît le plus approprié bien qu’il soit évident que son engagement envers le maître et son dojo ne puisse à notre époque inclure son hébergement 24h sur 24 au service du maître en contrepartie de l’enseignement reçu, comme dans le temps au Japon…
usob,bezons,epa,argenteuil,houilles,nanterre

2.2.09

Créer son dojo d'aïkido traditionnel


Pour celui qui veut acquérir l'autonomie en créant son propre dojo,
voici un site regroupant des éléments intéressants à connaître (avant) :
http://aikidojo-creation.wifeo.com

20.12.08

Mensonges commerciaux et Tradition

C’est parce que nous sommes particulièrement attachés à nos libertés que nous avons choisi de pratiquer l’aïkido en respectant les notions traditionnelles d’origine, comme au Japon.
C’est pour cela que nous choisissons notre dojo (un maître - un dojo) et celui-là plutôt qu’un autre.
Le respect de l’étiquette fait aussi partie de nos libertés.
Ce n’est pas pour autant que cela doive constituer une école de moutons bien au contraire, chacun devant trouver sa propre voie en s’appropriant "son aïkido" selon sa morphologie, son parcourt, ses recherches…
Avant de pouvoir appréhender on imite, on survole.
Puis on revient dans les détails afin de comprendre pourquoi ça fonctionne (ou pas).
On peut apprendre une technique en quelques jours voir quelques heures ; savoir l’utiliser c’est une autre histoire…
Seule une longue pratique peut permettre d’appréhender l’aïkido et…de l’oublier…
Même si vous lisez 1000 livres "pour élever un enfant", ça ne s’apprend pas pour autant dans les bouquins : ça se transmet.
L’aïkido c’est pareil : ça se pratique et c’est du domaine du ressenti.
Si on vous propose des bouquins, des vidéos ou des méthodes miraculeuses pour enseigner l’aïkido, soyez sûr qu’on vous prend pour un gogo : la technique ne se vend pas, elle se transmet de maître à élève.
A méditer




29.11.08

Aïkido et quotidien


Le week-end commence-t-il le vendredi soir après le travail ou au coucher ? ou bien le samedi matin en se levant ?
L’aïkido fait-il partie des loisirs (notamment du week-end) ou une obligation que l’on s’est fixée ou les 2 ?
Chacun doit s’interroger : si l’aïkido ne fait pas partie de nos choix et de nos libertés, il faut arrêter de le pratiquer et il vaut mieux alors s’inscrire dans un club privé multidisciplinaire (genre muscu-gym-step-natation) et multi horaires…
Un dojo n’a que faire de consommateurs.

Les gens perdent le goût de l’effort et ne recherchent que les plaisirs faciles et futiles.
Ils s‘éloignent en cela de la conception du misogi qu’enseigne aussi notre aïkido.
Qui est le plus méritant : celui qui n’a pas beaucoup de potentiel mais utilise tous ses moyens ou celui qui possède de gros potentiels mais ne les utilise pas ?


Toujours plus…
Aujourd’hui dans le marasme des choix de vies, l’être humain ne sait même plus dans quel but mener sa vie.
Quand il a du 3% il veut du 5, et quand il a du 5 il veut du 8, puis du 10, puis du 20…
Ce sont ces conceptions qui nous pourrissent la vie et conduisent à de flaglants désastres, les exemples ne manquent pas.
C’est aussi comme les compétitions sportives…toujours vouloir dépasser l’Autre en performances, en en oubliant le pourquoi du sport.

L’argent, le " sport ", la politique, les Pouvoirs…tout cela se mélange allègrement dans nos sociétés qui tendent à s’uniformiser tristement au point de nous en faire quitter les fondements de la Vie et les véritables valeurs.

Un jour de plus = un jour de moins…
L’argent ne fait pas le bonheur, sauf si on le donne…
Pourquoi des gens richissimes ne s’en aperçoivent-ils qu’à l’automne de leur vie ?

Une image très belle que l’on peut exploiter au quotidien : on débute en arts martiaux avec une ceinture blanche puis on a une noire et à l’issue d’une longue pratique, celle-ci se décolore et redevient blanche : la boucle est bouclée.

L'aïkido est un art, "pour un artiste la minorité a toujours raison, la majorité est redoutable."
"L’art est un détour par lequel le rêve retrouve le chemin de la réalité".

(Freud)




28.10.08

Prendre soin de ses genoux en pratiquant l’Aïkido

Les problèmes de genoux sont fréquents.Voilà des phrases qu’on peut entendre dans chaque Dojo :
- je ne peux pas monter sur le tatami aujourd’hui, j’ai mal aux genoux !
- est-ce que je peux travailler debout, j’ai trop mal pour faire cette technique à genoux ?
Une étude a montré que près de la moitié des pratiquants d’Aïkido ont des problèmes de genoux durant une saison, au point que cela gêne leur pratique. Ces problèmes sont essentiellement des douleurs qui se répètent souvent sans cause apparente.

Ils touchent autant les hommes que les femmes, mais d’abord les plus gradés, qui sont aussi les plus âgés.

Cela signifie-t-il que l’Aïkido est dangereux pour les genoux ?
Non, bien au contraire, l’Aïkido est une pratique de santé.
L’Aïkido est une pratique de purification profonde qui tend à développer, protéger et fortifier le corps et l’esprit dans le calme, le contrôle de soi et l’harmonie. Tant que l’Aïkido sera pratiqué comme un budo, il sera bon pour la santé. Mais s’il est pratiqué comme un sport, alors il y aura des problèmes.

La fréquence des problèmes de genoux est élevée puisque 45% des aïkidokas ont été gênés dans leur pratique durant la saison : 40% des pratiquants ont eu des douleurs, 16% des blocages (incomplets), 13% une instabilité.
La douleur est le plus souvent à l'avant du genou ou à plusieurs endroits. Une fois sur deux, la douleur s'est répétée de temps en temps toute la saison et n’a pas de facteur déclenchant particulier. La part des accidents d’aïkido est faible (10% des problèmes).
Ces problèmes se répètent souvent de saison en saison, puisque 43% des pratiquants ont eu des problèmes de genoux durant les saisons précédentes. La douleur est ce dont ils se souviennent le plus.
Les problèmes sont plus fréquents chez ceux qui pratiquent depuis plus de 5 ans et plus encore chez les plus gradés (Shodan et plus). Mais les plus anciens dans la pratique et les plus gradés sont aussi les plus âgés.
Par contre, les problèmes sont les mêmes pour les hommes et les femmes.
En d’autres termes, les techniques sont bonnes pour la santé si elles sont bien réalisées et traumatisantes si elles sont négligées.
La plupart des budos ont eu leur origine dans une sorte de programme d’amélioration physique développé en arts de self défense, puis en budo raffiné.
Parmi les excellents combattants, la longévité est certainement liée à l’amélioration de leur aptitude physique pendant l’entraînement du Budo.
Il faut comprendre toutefois que l’Aïkido est un Budo et non pas un programme ’amélioration physique.
L’Aïkido améliore seulement la santé comme résultat des exercices du budo.
De plus, n’oublions pas que les genoux sont sollicités dans toutes les activités de la vie courante, comme dans pratiquement tous les sports et les arts martiaux. Ils vieillissent aussi. Par ailleurs, les pratiquants sont de plus en plus âgés. Ne serait-ce qu’à cause de cela, nous devons prendre soin de nos genoux.

Quels sont les mouvements à risque
Une analyse biomécanique du genou montre que les mouvements pour lesquels il faut être vigilant sont essentiellement :
1. Descendre et se relever lors des ukemi,
2. S’agenouiller et se relever de la position seiza,
3. Travailler à genoux en Suwari Waza et Hanmi Handachi Waza,
4. En Tachi Waza, les pivots : Tai No Henka, Irimi-Tenkan et Taï Sabaki.

Pourquoi faut-il faire attention à ces mouvements ?
La réponse tient aux particularités de l'articulation du genou :
• Elle supporte tout le poids du corps,
• Elle ne fonctionne que dans une direction (flexion-extension),
• Elle est très superficielle (donc entourée de peu de muscles),
• Elle comporte des ménisques qui compensent le faible emboîtement entre le fémur et le tibia,
• A l'avant, la rotule améliore la transmission de la force du muscle quadriceps pour l'extension de la jambe.

Ces particularités du genou expliquent les quatre mouvements identifiés comme à risque
1. Lorsque Uke descend le corps avant une chute ou se relève après, il contracte le muscle quadriceps. Or, plus la jambe est fléchie, plus la contraction du quadriceps (le muscle à l'avant de la cuisse) entraîne une pression de la rotule sur le bas du fémur. La répétition de ces frottements plusieurs centaines de fois par cours peut entraîner une usure du cartilage, des douleurs à la flexion (syndrome fémororotulien) et, à terme, une arthrose du genou.
La contraction du quadriceps entraîne une pression de la rotule sur le fémur (la force résultante R) très importante quand le genou est fléchi.
2. Lorsque, plusieurs dizaines de fois par cours, le pratiquant s'assied en position Seiza ou se relève à partir de cette position, le même problème de contraction du quadriceps sur genou fléchi se retrouve. De plus, la forte flexion du genou entraîne un mouvement des ménisques qui reculent et se déforment pour accompagner le glissement des surfaces articulaires du bas du fémur sur le plateau tibial. La flexion complète sollicite au maximum les ménisques, et ils peuvent être lésés s'ils ne suivent pas exactement les mouvements des os. Les atteintes méniscales peuvent elles
aussi évoluer vers l'arthrose du genou. Toutefois, la position Seiza en elle-même est une position de repos où les tensions musculaires sont faibles.
3. Lors du travail en Suwari Waza4, le genou est toujours proche de la flexion maximale. Dans cette position, les ligaments latéraux sont détendus (donc jouent moins leur rôle stabilisateur) et les ménisques sont sollicités De plus, le genou est proche du sol. Normalement, seule la tubérosité tibiale antérieure est au contact du sol, mais sur un Tatami mou, la surface de contact est plus importante. Un appui sur la rotule serait très néfaste pour l'articulation fémoro-rotulienne.
4. Enfin, pour réaliser la plupart des techniques d’Aïkido, Tori a besoin de faire des changements de direction basés sur des pivots. Si le pivot est réalisé alors que le pied est en appui, le genou est sollicité en torsion alors qu'il est conçu pour
travailler seulement en flexion et extension. Des sollicitations répétées en torsion peuvent entraîner des lésions des ligaments, notamment au niveau des ligaments croisés antérieurs.
4 La position Suwari Wasa est manifestement délicate pour nos genoux occidentaux, mais sa biomécanique n’a jamais été étudiée précisément.

Comment pratiquer sans mettre ses genoux en danger ?
La première prévention, et la plus importante, c’est de pratiquer juste, c’est-à-dire, tout simplement, d’apprendre l’Aïkido.
L’Aïkido est un Budo qui permet de se connaître soi-même et de travailler sur soi-même. Pour cela, il faut éduquer ses gestes, travailler sur la perception de son attitude et de ses mouvements et s’adapter à son corps, car chacun est différent.
Le rôle du professeur est important pour guider cet apprentissage, faire prendre conscience des bonnes et mauvaises attitudes et de leurs conséquences.
Mais, finalement, c'est l'élève qui va prendre en compte ou non cet enseignement dans sa pratique.

Ceci étant précisé, voici quelques conseils pour la pratique• D’une manière générale, lors des innombrables flexions et extensions dues aux Ukemi et à la position Seiza, il faut éviter les chocs répétés sur les genoux et les prises d’appui en reportant tout son poids sur un seul genou .
Pour se relever après Ukemi, il convient de rassembler les deux pieds sous les hanches (fesses) et d’éviter ainsi les porte-à-faux : la poussée s’effectue donc sur les deux jambes en répartissant le travail entre les ischio-jambiers, les fessiers et les quadriceps.
Un geste à éviter : se relever en forçant sur un seul genou.
Rassembler ses jambes sous les fesses permet de se relever en répartissant le poids sur les deux genoux.
• La descente du corps (contraction excentrique) avant Ukemi doit être également travaillée de la même manière : les deux points d’appui cèdent sous les hanches en utilisant la force des hanches pour un minimum de force des jambes (Kokyu Ryoku). Descente du corps à la verticale au dessus des appuis.
• Seiza : pour s’asseoir (Suwarikata). En position debout, les deux pieds sont joints, écarter et plier légèrement les genoux (la main droite écarte les plis du Hakama). Poser délicatement un genou, puis l’autre. Allonger les pieds, les gros orteils se croisent, le poids vient s’appliquer sur les talons (et non pas sur les genoux) et on s’assied entre les talons tout en restant bien vertical.
Il faut avoir l’impression de soutenir le ciel avec la tête ou d’être suspendu au ciel (sensation d’auto-grandissement, étirement de la colonne vertébrale).

Bien s’asseoir en Seiza. Le poids du corps est toujours au dessus des talons et non des genoux.
• Pour se relever de la position Seiza (Tachikata) : la hanche s’élève, les doigts de pied prennent appui, le pied droit vient au niveau du genou gauche. Se dresser calmement en prenant bien appui sur les deux pieds sans se pencher.
La force dans les hanches, pousser vers le ciel (autograndissement) et diriger le mental vers l’avant.
Se relever de Seiza en poussant sur les deux genoux. Attention à garder le pied sur la même ligne que le genou. position Seiza étant une position de repos, il n’y pas de grande tension dans le quadriceps, sauf en cas de rigidité du muscle. Elle n’est donc pas dangereuse pour l’articulation fémoro-rotulienne (le problème est surtout lorsqu’on se relève).
Par contre, la flexion étant maximale, les ménisques sont très sollicités.
La principale contrainte dans cette position provient du manque de souplesse de la cheville (elle est en extension maximale) et de la compression qui gêne la circulation du sang. En conséquence, la position Seiza doit être utilisée mais sans aller au-delà de la limite du tolérable.
Trois positions alternatives à Seiza sont possibles tout en gardant la verticalité : assis en tailleur, assis jambes fléchies de côté, assis talons joints devant jambes fléchies.

Trois positions alternatives à Seiza
Particularité pour les enfants : si les adultes ont tendance à trop "forcer", c’est l’inverse pour les enfants. Si on leur propose de se mettre en tailleur au lieu de Seiza, ils le feront tout de suite. Il faut donc insister auprès d’eux sur l’intérêt d’apprendre et de respecter cette position, sans toutefois aller jusqu’à la gêne ou la douleur.

Suwari Waza : rester assis en Seiza et se déplacer à genoux sont des gestes traditionnels pour les japonais, mais difficiles pour nous qui ne les avons pas pratiqués dès la petite enfance.
De plus, nos genoux sont différents de ceux des Asiatiques et moins adaptés à ces mouvements.

Il nous faut donc apprendre progressivement le travail à genoux
1. Apprendre d’abord à se déplacer en Shikko avant de faire des techniques. Lors de Shikko (marche à genoux), il faut prêter la plus grande attention à la répartition des masses. Le poids doit porter sur les pieds, dans le prolongement de la
colonne vertébrale.
Shikko : suivant l'axe vertical du corps et non pas en avant sur les genoux. Le point de contact sur le Tatami est la pointe du tibia (tubérosité tibiale antérieure) et jamais la rotule.
2. Le travail en Suwari Waza vient ensuite. Il est important pour l'apprentissage de l'Aïkido du fait des déplacements plus limités que debout. De plus, ce travail est bon pour la santé car il déverrouille et assouplit les orteils, les chevilles et les jambes. La force, comme toujours, doit se situer au niveau des hanches, en veillant à rester vertical et à toujours ramener ses pieds sous le centre.

Le professeur doit veiller à travailler en Suwari Waza avec modération, par séquences en alternance avec le travail debout (en s’adaptant au public).
Pour les élèves, ne pas aller au-delà des limites du tolérable et alors ne pas hésiter à
travailler debout sans avoir honte (le professeur doit proposer cette possibilité).

Bonne position en Suwari Waza : verticalité et pieds rassemblés.
Un geste à éviter en Suwari Waza : reporter tout son poids sur un seul genou
• En Tachi Waza, les déplacements en pivot (Irimi-Tenkan, Taï Sabaki) ne doivent pas solliciter les genoux en rotation et en force. Rappelons que l’articulation du genou n’est pas conçue pour les rotations et donc, qu’à ce titre, il est impératif de porter son attention sur l’ouverture de la hanche afin de soulager les genoux et les pieds. Il convient donc de travailler les genoux déverrouillés, un peu fléchis, en position de ressort et d’entamer les pivots en libérant la hanche avec une amorce de rotation avant que le pied, et donc le genou, ne soit en appui sur le sol.
Ouverture de la hanche pendant un pivot.
Un geste à éviter en Tachi Waza : pivoter avec le poids en appui sur le genou qui pivote.
• De manière générale, il faut marcher et se déplacer en évitant le plus possible les fentes importantes et en gardant toujours les jambes sous les hanches (comme pour Shikko). Cela permet un maximum d’efficacité pour un minimum d’effort et de contraintes sur les genoux.
Enfin, même si les accidents du genou sont peu fréquents en Aïkido, garder ses appuis rassemblés sous les hanches diminue le risque de choc sur le genou, que ce soit avec Uke (par exemple lors de Koshi Nage) ou avec un autre pratiquant qui ne maîtrise pas sa chute.
Bonne position en Tachi Waza : verticalité, pieds peu écartés.

Comment préparer ses genoux à la pratique ?
La préparation d’Aïkido (Jumbi Dosa : Aïki Taïso) fait partie intégrante de la pratique et que toutes les bases de l’Aïkido y sont. C’est une étape importante qui permet de s’entraîner à faire les gestes justes dont nous avons besoin dans la pratique. Ce n’est pas seulement "s’échauffer". Toute la prévention est dans les différentes méthodes de préparation.

Voici quelques points de préparation importants pour les genoux :
• Adapter la préparation (durée, type de préparation…) à l’âge et à l’ancienneté des pratiquants.
Pour les débutants, les sensibiliser à la précision des gestes. Répéter… c’est le principe de tout apprentissage et de toute pédagogie.
• Travail en Shikko : il permet de s’entraîner au Suwari Waza, de travailler la verticalité. Le poids du bassin est sur les pieds, les genoux glissent et se posent délicatement sur le tatami . Ce travail développe le travail des hanches, ainsi que la stabilité.
• Montrer la bonne position Seiza , genoux correctement écartés (deux poings pour les hommes, un seul pour les femmes), bassin basculé vers l’avant, épaules basses, dos droit, le Ki fermement implanté dans le Seika Tanden, la tête légèrement étirée (suspendue par le haut).
• Apprendre à se relever et s’asseoir en Seiza, comme expliqué ci-dessus.
• Ukemi : lors des chutes avant ou arrière, il faut appliquer exactement les mêmes consignes que pour descendre et surtout se relever de la position Seiza. A aucun moment les genoux ne doivent heurter le sol. Pour cela, il est essentiel de conserver un bon appui au sol, les pieds bien repliés sous les hanches (fesses) (position accroupie sur la pointe des pieds.
Même si cela n’est pas très orthodoxe dans l’apprentissage des Ukemi, le professeur peut permettre l’usage et l’aide des mains pour se relever.
• Les pivots : Taï No Henka, Taï Sabaki, Irimi Tenkan : légèreté des déplacements, ouverture de la hanche, contact sur le sol sur la pointe des pieds, les talons très légèrement décollés du Tatami.
• Des étirements à faire lors de chaque préparation : étirements des quadriceps, des ischio-jambiers, du tenseur du
fascia lata, des jumeaux.
Etirement du droit antérieur.
Etirement des ischio-jambiers et du tenseur du fascia lata.
Le tenseur du fascia lata est un muscle voisin des ischio-jambiers qui joue le même rôle qu’eux.
Etirement des jumeaux (deux possibilités).
• Autres exercices à faire à chaque préparation : rodage articulaire (flexions, rotations des genoux…), massage et relâchement des rotules, brassage synovial.
Rodage articulaire. Massage des rotules (attention à ne jamais appuyer sur les rotules : au contraire, les soulever).
• Lors de la pratique, rappeler régulièrement les bonnes positions étudiées durant la préparation. Faire ce lien entre
préparation et pratique est très important (et doit avoir des répercussions dans la vie quotidienne).

Que faire en cas de problèmes de genoux :Il est préférable d’arrêter la pratique tant que la gêne est permanente sur le Tatami (Mitori-Geiko).
Si les problèmes de genoux (douleur ou instabilité) permettent encore de pratiquer, il faut rechercher d’autant plus les positions et gestes qui économisent les genoux et minimisent la douleur.
Autrement dit, chercher à travailler encore plus juste.

Quelques conseils pour aider la pratique dans ces conditions :
• Trouver des astuces pour limiter la charge des genoux : par exemple, se relever en s’aidant des mains allège les contraintes sur les genoux.
• Limiter les positions à genoux (Seiza, Suwari Waza). Changer sa position d’attente ou de repos. Au besoin,
se munir d’un petit coussin discret que l’on peut glisser sous les fesses. Ne pas hésiter à travailler en Tachi Waza, mais en limitant les chutes !
• Essayer les genouillères. Ne pas hésiter à les personnaliser : par exemple, les évider sur la rotule pour permettre le travail en Suwari Waza.

Hors du Dojo, on peut également :• Faire tous les jours chez soi des étirements des muscles quadriceps, ischio-jambiers, tenseur du fascia lata et jumeaux et des exercices de rodage articulaire (pédalage sans résistance).
• Renforcer la musculation des cuisses, de préférence avec le vélo ou la natation, où le poids du corps ne pèse plus sur le genou. Eviter les autres sports durant les périodes douloureuses.
Etirement du droit antérieur (à gauche) et des jumeaux (à droite).
Etirement des ischio-jambiers et du tenseur du fascia lata.
• Eviter de monter et descendre à pied les escaliers. Eviter de soulever des charges lourdes, surtout genoux fléchis.
• Perdre du poids, si nécessaire : cela évite de surcharger les genoux.

Enfin, ne pas hésiter à consulter un médecin du sport si les problèmes durent ou se répètent. Il fera un diagnostic et pourra proposer une réponse adaptée à votre cas qui pourra comporter un ou plusieurs des moyens suivants : conseils pratiques, kinésithérapie, traitement anti-inflammatoire, injections intra-articulaires, intervention chirurgicale (ménisques essentiellement).
Certains disent avoir eu de bons résultats avec l’acupuncture, le do in ou l’ostéopathie.

En conclusion...L’Aïkido est l’art de préserver la vie par une étude très fine du corps et de l’esprit qui sous-tend la pratique (Keïko). Il doit permettre de vivre plus intensément. Il est donc paradoxal qu’il puisse créer des handicaps.
Prendre soin de ses genoux implique d’accorder de l’importance à des gestes banals qui ne paraissent pas toujours importants dans la pratique mais qui se répètent souvent : descendre le corps avant Ukemi, se relever après, s’asseoir et se relever de la position Seiza, se déplacer à genoux, faire des pivots en Tachi Waza.

Nous encourageons donc les pratiquants et les professeurs à donner de l’importance à la préparation (Jumbi Dosa) et à la finesse d’exécution des techniques.
Est-il nécessaire de rappeler que l’Aïkido exclut toute forme de violence, de travail en force et de manifestation de l’ego qui engendre les problèmes ? Le Maître nous montre la voie. A nous d’en faire le meilleur usage.

" Une bonne attitude, une bonne posture, reflètent un bon état d’esprit. "
O Sensei Morihei Ueshiba
Voir aussi un développé plus complet ici :







26.10.08

L'Aïkido est-il un art de défense ?



Cette affirmation entendue parfois lors de retransmissions télévisées fait sursauter plus d'un véritable pratiquant.
Les individus tenant un tel raisonnement n'ont qu'une idée superficielle de l'Aïkido.

Contrairement à cette idée fort répandue, l'Aïkido n'est pas un art de défense mais d'attaque.

En effet, comme dans toutes les autres disciplines martiales japonaises, on part en Aïkido sur la convention que le premier attaquant est vaincu ; toutes les disciplines martiales considèrent que celui qui attaque le premier est le plus faible et que l'attaque est toujours plus lente.

L'apprentissage se fait donc selon le schéma suivant :
Attaquer, parer, contrer, ce qu'on appelle en Japonais Gonosen. C'est-à-dire apprendre à arriver avant l'adversaire bien qu'étant parti après lui. Effectivement, de telles disciplines sont des arts de self-défense.
L'adversaire nous met dans une situation difficile et nous cherchons la solution pour en sortir.
En Aïkido les premiers pas de l'apprentissage se font de cette manière, ce qu'on appelle Go No Geiko (approche Go taï).
Prévoir comment l'adversaire va attaquer constitue ce qu'on appelle le Sen no sen, et en aïki correspond au Ju no geiko (approche Ju Taï) mais, dans ces deux modes de travail, l'initiative de l'attaque même devinée reste à l'adversaire.

Signalons que le Sen no sen constitue le sommum de certaines disciplines, les autres s'arrêtant au Go no sen .
L'Aïkido à très haut niveau va encore plus loin, l'adversaire n'a aucune initiative, avant qu'il ait pensé à attaquer, il est déjà contrôlé, avant d'avoir été potentiellement dangereux, il est maîtrisé : ce qui fait dire à Me Tamura : "L'Aïkido est un art d'attaque". C'est le "Ryu no geiko (Liki Taï - ki Taï).


Les deux premiers styles de travail constituent le monde de la dualité et du manifesté ce qui fait que l'art est confiné dans la technique, la pluralité technique, les écoles, les trucs, etc...
Le fil directeur n'existe pas et l'imagination peut donner libre cours à ses fantasmes. Pourtant Mr Nakazono a répété pendant des années :
"L'Aïkido se situe avant la forme, le reste n'est que technique" et Ô Sensei :
"A partir du moment où un adversaire décide de m'attaquer, il est déjà battu".


La voie par nature est indéfinissable, mais tout le monde en parle.
Lao tseu a dit : "ceux qui parlent ne savent pas, ceux qui savent ne parlent pas", pourtant il a écrit le Tao té king.

Embrasser, voilà la solution.
Ce qui fait que l'Aïkidoka doit contrôler la situation quelle qu'elle soit.
Et pour pouvoir le faire, il ne faut pas laisser l'initiative à l'adversaire.
L'Aïkidoka ne combat pas car il n'y a pas opposition de deux entités, mais unité ; il est maître de la situation.
Tout enseignement traditionnel est basé sur la relation maître à disciple et, à ce point individualisée à un certain niveau que la vulgarisation est impensable et impossible.

0 Sensei avait coutume de dire que l'aïkido pouvait soit s'apprendre en 3 jours, soit pendant toute une vie. Trois jours si l'étude se limitait à la technique, toute la vie s'il s'agissait de l'apprentissage réel de la discipline et encore à condition de bénéficier de l'enseignement d'un expert de très haut niveau.

Me Tamura dit souvent : "dans votre technique, un écart de 1 mm et ce n'est plus de l'Aïkido, c'est tout ce que vous voulez, sauf de l'Aïkido".
"La voie est comparable au fil d'un sabre, un écart de côté et vous n'êtes plus dans la voie".
Toutes ces phrases démontrent que le véritable enseignement ne peut être donné qu'à un très haut niveau et de maître à disciple.
Ce texte est inspiré du "Traité Didactique d'Aïkido Traditionnel de Alain Peyrache - Shihan
http://aikido.k.free.fr
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