Affichage des articles dont le libellé est aïkido bourg en bresse. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est aïkido bourg en bresse. Afficher tous les articles

3.11.15

Un professeur d'aïkido n'est pas un enseignant comme les autres

Quelle que soit la discipline que l'on choisit de pratiquer, les premières séances sont déterminantes sur l'avenir de la pratique. La proximité est  l'un des paramètres qui guide le choix mais aussi et surtout le relationnel. Si le courant ne passe pas correctement avec le professeur, la relation et l'engagement dans la discipline pourront rapidement être remis en cause.
Le 2e élément important est l'intégration dans le groupe existant.
S'il n'y a pas osmose dans le groupe et un lien ténu avec le professeur, de rapides dysfonctionnements apparaîtront et aucune harmonie ne sera possible.
C'est aussi pourquoi un professeur d'aïkido n'est pas forcément interchangeable avec un quelconque autre professeur.
Un enseignant d'aïkido étant comparable à un artiste, il possède ses spécificités. Les pratiquants qui composent son dojo acceptent son enseignement et les  liens réciproques (connexions) se renforcent au fil du temps.
A l'inverse, si un pratiquant ne trouve pas sa voie avec tel maître, la qualité s'étiolera, aucun progrès ne sera plus possible et la décision de partir ou être poussé vers la sortie deviendra inéluctable.

Lorsqu'un professeur est amené à quitter son dojo pour des raisons matérielles (mutation professionnelle, déménagement...) il est absurde de penser qu'il puisse être remplacé par n'importe quel autre professeur.
Le choix de son successeur doit impérativement inclure une certaine compatibilité avec les composants du dojo, ceux-ci ayant été formés à l'image du professeur.
Imposer un professeur sans tenir compte de l'avis du prof partant est une grave erreur qui expose à une possible débandade des effectifs ou bien à de rapides disharmonies.
Les exemples ne manquent pas, y compris lorsque le successeur affiche un grade plus élevé ou qu'il est présumé être d'un niveau de compétence bien supérieur, fut-il maître machin ou shihan truc.   
Enseigner l'aïkido n'est pas enseigner des mathématiques ou la langue française.
Ce n'est pas non plus donner des cours de natation, de foot ou de sport.
En France, l'erreur dans l'esprit de la plupart réside dans l'idée que se font les gens sur le diplôme d'état censé être le sésame pour transmettre un savoir.
Or ce fameux papier n'est nullement le garant d'un enseignement de qualité en ce qui concerne l'art de l'aïkido.
Le posséder n'est pas forcément un obstacle non plus, tout dépend du parcours et du maître référent.
Il faut savoir que les dérives existent aussi quand certains professeurs ont été mis en place uniquement pour gonfler le nombre des dojos de telle ou telle obédience.
Le niveau de bagage de certains professeurs fait pitié à voir dans certaines organisations dites "traditionnelles" et il faut bien admettre que cela plaide en faveur d'un diplôme d'état dans la tête de beaucoup de gens.
Le formatage intellectuel existe. Seuls les esprits libres sont capables de discerner avec sagesse.



 

19.9.15

Quand de prétendus shihan à la grosse tête deviennent ingrats

Les professeurs ayant créé leur propre organisation ou "école" revendiquent pratiquement toujours la transmission d'un maître, de préférence japonais et le plus proche possible du fondateur de l'aïkido sur le plan de la filiation. Par exemple Tamura, Saïto, Hikitsuchi, Tohei, Nocquet, Tissier, Gosio Shioda, Noro, etc.
Mais il y a des exceptions.
Certains n'évoquent jamais leur filiation, comme s'ils détenaient miraculeusement leurs connaissances ou directement de feu Ô sense
i.
Une autre raison peut être tout simplement d'avoir pioché dans l'enseignement de multiples maîtres anciens élèves de Ueshiba afin de créer leur propre style constitué d'un melting pot d'approches et de techniques.
Certains flous sont parfois savamment entretenus, comme s'il était honteux d'admettre être redevable de plusieurs maîtres.
De nos jours compte tenu du foisonnement des livres, des vidéos, des documents présents sur internet et des revues facilement accessibles par tout le monde, il est facile de trouver la documentation recherchée pour adapter la discipline à nos préférences.
Certains de ces aïkidoka ayant créé leur propre courant (pratiquants au minimum de 3e génération après Ô sensei) peuvent pourtant se révéler "géniaux" et séduire de nombreux pratiquants.
L'aïkido comporte des techniques qui existaient avant Ueshiba. De nombreux autres maîtres les ont également utilisées dans leurs écoles (ryu) en les adaptant à leur morphologie, leurs recherches, leurs buts et selon leur génie créatif.
C'est pas nouveau, il est plus facile d'exploiter le terme "aïkido" que de créer un nouveau nom qui sera forcément moins porteur.
C'est pourquoi on observe de très nombreuses tendances ou courants, en France comme partout dans le monde.



6.9.15

Un article de forum qui interpèle

http://www.aiki-forum.com/index.php?/topic/2757-canular-blague-nanar-du-net-ou-site-sans-filet/page-2?hl=peyrache

 N'étant pas un adepte des forums pour de multiples raisons, je n'y viens que très rarement et y interviens encore moins. Je suis donc tombé "par hasard" sur cet article et souhaiterais apporter des infos complémentaires.
Il y a 20 mois, le personnage mis en cause a eu le toupet de me contacter par téléphone (peut-être sur la suggestion de son gourou) afin de m'édicter ce que je devais faire sur le plan médiatique concernant mon dojo (site internet, vidéos, liens URL, etc.) et il a tenu des propos menaçants dans le cas où je ne m'exécuterais pas ! Dans la foulée, 2 autres personnages (dont 1 que je ne connaissais pas davantage mais évoluant "dans le même cercle géographique") ont enfoncé le clou en me tenant des propos similaires. De tels comportements s'apparentant à une cabale ne pouvaient manquer d'être téléguidés et m'ont incité à quitter l'organisation à laquelle j'avais appartenu depuis 1997. Je précise que j'avais eu dans les années 2000 le plus gros dojo de la région parisienne en terme de nombre de pratiquants et le 3e ou 4e sur le plan national...
L'ego surdimensionné du  personnage en question est encouragé par le système lui-même et s'apparente à celui de sectes : les personnalités "fragiles" ou "malléables" sont exploitées et servent de bras armé sans que pour autant le maître soit jamais mouillé.

Tant qu'on est à l'intérieur du système et qu'on trace sa route sans être importuné, on tolère ses incohérences  pourvu qu'on bénéficie d'un enseignement de très bonne qualité. Mais quand les grains de sables s'accumulent, l'analyse se fait toute autre et beaucoup de choses deviennent intolérables.
Le terme "traditionnel" a beau jeu de faire avaler pas mal de pilules, y compris une totale soumission envers le maître et le système (pyramidal), la lobotomisation au niveau de la réflexion, la liberté préconisée mais qui en fait n'existe pas, pas plus que l'autonomie des dojos.

N'est-ce pas Gainsbourg qui disait : "La liberté dépend de la longueur de la corde" ?

Ce que l'on constate est assez inquiétant car on se croirait revenu à l'époque de l'inquisition ou des dénonciations pendant la guerre, "de bonnes âmes" aujourd'hui comme hier, étant toujours prêtes à couper les têtes qui dépassent.

Même sur ce forum on reconnaît très vite les petits soldats qui se font plus califes que le calife lui-même et j'ai bien failli tomber dans ce piège moi-même il y a encore peu d'années.
Les raisons sont nombreuses et découlent parfois d'une certaine manipulation mentale. Le pratiquant étant mis en permanence en position d'ignorant, on peut lui faire gober tout et n'importe quoi. Et le pas peut être vite franchi de transformer un pratiquant-étudiant en deshi-adepte.
Pour preuve les slogans créés par le maître, qui sont repris sur de nombreux sites de dojos de l'école, quand ce n'est pas pitoyablement copié/collé ou réécrit maladroitement dans un langage à peine lisible.

Le shihan (le modèle) génère un mécanisme de mimétisme chez les esprits les plus fragiles.
Les élèves du maître-gourou répètent à foison les règles édictées et certains deviennent incapables de penser par eux-mêmes tant l'interdiction induite les a imprégnés.

Un exemple de dérive :  "le maître du dojo" (= le patron dans le système traditionnel de AP) est souvent confondu avec "le Maître" tout court = celui qui maîtrise sa discipline.
Cela arrange bien les professeurs qui n'ont derrière eux que quelques années de pratiques, comme c'est le cas pour le personnage objet de la rubrique.

Même s'il est doué (on n'en sait rien), il saute aux yeux que la description outrancière de son profil prête vraiment à rire et discrédite non seulement le gus mais aussi son école et le maître qui se trouve en haut.

Quand on pense que l'ego est sensé être mis de côté quand on est un authentique aïkidoka !
En outre c'est pas parce qu'on comptabilise un bon nombre d'adhérents (c'est semble t-il son cas), qu'on transmet un aïkido de qualité : on peut tout simplement être un bon vendeur !  



4.9.14

Système pyramidal, grades, dojos : un fonctionnement hermétique présenté cyniquement comme limpide

Le système pyramidal de l'aïkido dit "traditionnel" sert principalement le niveau hiérarchique supérieur dans la structure (ou prétendu tel). Bien qu'à priori ce type de fonctionnement n'ait pas été choisi dans un but commercial, certains de ses avantages sont évidents et se prêtent idéalement à une stratégie expansionniste (wikipedia fournit ici une bonne description).
Ce système s'auto alimente au travers la création de nouveaux dojos dits "autonomes" (!). Dès lors on comprend mieux qu'un professeur soit promu à un grade supérieur lorsqu'il forme des élèves potentiellement aptes à créer de nouveaux dojos (but principal du système).
Cela explique aussi les décalages parfois criants entre leurs niveaux réels de maîtrise de la discipline et leurs grades affichés, au point que cela apparaisse tragi-comique pour un observateur avisé.
Ici un grade n'est point le reflet de l'évolution personnelle du pratiquant mais uniquement celui de sa capacité à alimenter l'organisation pyramidale.
On est donc bien loin de ce qui est prôné dans leurs textes et sur leurs sites web.
Evidemment cette analyse ne peut être faite que de l'intérieur et comme il n'y a aucune communication transversale sur le sujet (plus que jamais tout est fait pour l'empêcher), il est quasi impossible de la mettre en évidence.

Cela explique aussi pourquoi le discours au sujet des grades est particulièrement changeant au fil du temps. Les questions semblent embarrasser et les réponses ne sont jamais claires. Et si on insiste un peu trop, là encore et afin de clore le sujet, on vous balance que vous êtes le seul de France et de Navarre à ne jamais rien comprendre. En fait ça dérange...

De même, un professeur expérimenté et maîtrisant bien son sujet n'a aucune chance de voir son grade pour autant évoluer si les circonstances n'ont pas voulu que ses élèves fassent proliférer le nombre des dojos.
Même punition si vous avez déjà ouvert et développé plusieurs dojos mais que vous n'avez aucun don pour la lèche ou que votre franc-parler défrise.