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5.12.16

Course aux médailes et aux titres

Se fixer un objectif de grade ou de titre est le plus sur moyen de ne pas progresser en aïkido.
Pourtant certaines écoles ou fédérations (ou clubs) distribuent ce genre de satisfécits à tour de bras afin de conserver des effectifs, se vautrer dans les chiffres ou se vanter du nombre de gradés dans leurs rangs. Tous ces motifs n'ont évidemment rien à voir avec des niveaux réels.
La seule méthode pour évoluer et d'aller toujours vers une meilleure maîtrise
est tout simplement de faire de son mieux à tout instant, comme on doit le faire en toute chose hors dojo.
La recette est simple et c'est la seule que personne ne pourra jamais critiquer.
Parce qu'on n'est pas des clones, tout le monde n'a pas les mêmes capacités.
Mais nous sommes tous égaux devant l'effort de bien faire.
Le summum de la bêtise se dévoile parfois quand on ne revoit plus un pratiquant alors qu'il vient d'être autorisé à porter le hakama ou après l'obtention d'un grade dan. Le véritable profil apparaît alors et les raisons mises en avant sont des plus diverses, sauf la vraie : l'ego et la recherche "des distinctions" auxquels notre société l'a habitué depuis son plus jeune âge.





24.3.13

A propos des grades

Pour un professeur, afficher son grade peut avoir plusieurs significations. Souvent c'est pour donner un certain crédit à la qualité de son enseignement et justifier le niveau de sa rémunération.
Mais cela peut être aussi pour attirer la clientèle quand les pratiquants ont le choix entre plusieurs "clubs". Car c'est bien connu, le consommateur lambda se dirige aveuglément vers le plus cher ou le plus "titré" en pensant que c'est une marque de qualité. Ce comportement, connu aussi des dirigeants de clubs, constitue un piège pour le pratiquant soucieux de trouver le professeur qui le fera le mieux progresser, quand le prix n'est pas pour lui un obstacle.
Si la résultante de ces 2 critères - grade du prof + tarifs - peut conduire à obtenir bon nombre d'adhésions, on est loin de ce que devrait rechercher l'étudiant pour un art martial traditionnel.
 
1 - un professeur qui affiche pompeusement son grade doit apparaître d'emblée suspect. Un bon professeur ne justifie pas de ses qualités par un papier ou une carte de visite, il doit les démontrer.
2 - son parcours et les références au maître qui lui aura délivré un titre sont des indications qui doivent guider le futur élève dans son choix.
3 - le savoir se transmettant de maître à élève et non à une masse d'individus, plus le nombre d'élèves est important, plus il devra distiller son enseignement.
4 - même si un nombre important d'élèves favorise mécaniquement l'émergence de pratiquants s'investissant, ça ne garantit pas la qualité de l'auditoire et encore moins sa progression.
5 - les grades "dan" sont majoritairement délivrés en France par des fédérations sportives et de ce fait répondent à des critères qui sont en opposition totale avec l'essence même de l'aïkido tel que l'a conçu son fondateur.
6 - biensûr il existe aussi des professeurs labellisés "diplômés d'état" qui cherchent un retour vers une approche traditionnelle mais le formatage occidental par lequel ils sont passés est un handicap souvent difficile à effacer.
7 - le pratiquant d'aïkido doit choisir "un maître" qui transmet son savoir dans un  dojo, lieu où l'on étudie la voie (do) et non un professeur (soit-il "d'état") exerçant dans un club sportif destiné à des  consommateurs.
 
Comme on le voit, la terminologie a aussi son importance car elle est le reflet du type de pratique que l'on recherche.