28.11.11

Aïkido traditionnel et gobe-mouches

Dans ma région, j'ai le choix entre plusieurs clubs affichant l'enseignement de l'aïkido, dont certains revendiquent le label "traditionnel". Y a t-il un moyen pour faire un tri ?
Pour guider votre choix, il y a un critère très simple qui permet d'emblée d'écarter les clubs qui ne s'adressent qu'aux consommateurs et non à des gens qui veulent pratiquer authentiquement l'aïkido du fondateur. Rappelons qu'un dojo traditionnel ne saurait fonctionner autrement que selon le principe "un maître un dojo", comme au Japon. On est l'élève de maître Untel et non celui d'une fédération.
Pour vous donner un exemple de déviance totale...
Chacun sait qu'il existe en France 2 fédérations, toutes deux avides d'attirer "le client". Malgré leurs rivalités devenues légendaires, certains clubs qui leur sont rattachés - nous disons bien clubs et non dojos - vont même jusqu'à proposer des accès "tous azimuts".
Cela signifie qu'en vous inscrivant à un seul de leurs clubs, vous avez la possibilité de pratiquer non seulement dans ceux de la FFAB mais aussi ceux de la FFAAA de la région et vice versa.
Que reste t-il de cette notion "un maître un dojo" ? rien.
Par cette attitude, les clubs s'apparentent ouvertement à une enseigne à succursales multiples, du genre gymnas' club. Cela signifie bien que leurs professeurs sont interchangeables et ne fait que confirmer que tous suivent "une méthode nationale" (franco-française et donc locale). C'est l'aveu de la pratique d'un aïkido totalement appauvri à l'opposé de ce qu'a voulu créer son fondateur et c'est ce que nous, pratiquants d'un aïkido traditionnel, ne voulons pas.
De surcroit, le consommateur lambda (à qui ces fédé auront bien pris soin d'occulter toutes ces notions de tradition orientale) va se trouver pris dans l'engrenage occidental d'une possible surconsommation de professeurs et de clubs. Or ce n'est pas une accumulation de professeurs qui feront de lui un bon aïkidoka, cela n'a aucun sens.
Ces notions de tradition orientale ne sont du reste pas seulement occultées, elles sont le plus souvent tout simplement ignorées de la plupart des professeurs des fédérations, puisqu'ils sont formatés à l'occidental voir pire...à la française.
Dans notre dojo les pratiquants n'ont pas l'autorisation d'aller pratiquer ailleurs, sauf visites ponctuelles et avec l'accord des professeurs. Cette attitude est du reste la même que celle que l'on pourrait avoir face à d'autres disciplines, le but étant davantage relationnel que réellement utile pour progresser dans la pratique de l'aïkido.
Chez nous, nos pratiquants revendiquent leur attachement à leur seul et unique dojo et ne vont pas voir ailleurs. C'est celui qu'ils ont choisi avec ce professeur là et pas un autre. Ceux qui ne sont pas satisfaits du nombre restreint de "créneaux" ne viennent pas chez nous, personne ne les y oblige.
Il faut savoir également que ce n'est pas le nombre de cours proposés qui font leur qualité. En outre, c'est pas parce qu'on aura la possibilité de pratiquer tous les jours de la semaine (peut-être dans 7 clubs différents donc 7 prof eux aussi différents) qu'on assimilera plus vite ou mieux, c'est tout le contraire. A moins de n'apprendre que des techniques "nationales" (...mais heureusement l'aïkido c'est pas que des techniques).
Il s'avère de plus que la majorité des "pratiquants" ne vont au-delà d'un cours ou 2 par semaine, même si leur dojo en propose davantage.
Comme on le voit, cette possibilité d'adhérer à un club "à succursales multiples" n'est pas l'aïkido et ne présente que de nombreux aspects pervers.
C'est le dernier des gobe mouches présenté aux gogos pour les détourner d'une pratique authentique dans un véritable dojo traditionnel, c'est à dire généralement non apparenté à une fédération franco française.
Mais chacun est libre...





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